«Tout est dit.» Ces mots, écrits par La Bruyère au XVIIe siècle, étaient destinés à clore la fameuse querelle des « Anciens et des Modernes », affirmant que l’humanité avait déjà tout exploré et pensé. Avec cet argument apparemment inattaquable, il déclarait que, depuis plus de sept mille ans d’histoire humaine, il n’y avait plus rien à ajouter. Cependant, un autre grand écrivain, André Gide, deux siècles plus tard, réagit vivement à cette affirmation. Selon lui, la vérité énoncée par La Bruyère n’était que partielle, et il revendique le droit de dire que l’homme reste encore à découvrir. Pour Gide, la littérature est en perpétuelle évolution, s’alimentant des découvertes humaines, des émotions et des réflexions qui surgissent à chaque instant. À travers ses écrits, il défend l’idée que les écrivains ne se contentent pas de figer le savoir, mais qu’ils ouvrent plutôt des portes vers de nouveaux questionnements et réflexions. Ainsi, il conteste l’idée de La Bruyère, affirmant que la littérature, tout en s’appuyant sur le passé, n’a jamais cessé de se renouveler et de surprendre les lecteurs à chaque époque.